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Enjeux du milieu agricole et forestier estrien

Publié le 9 septembre 2022 - Écrit par Fédération de l’UPA de l’Estrie

Catégorie :

  • Estrie
  • Citoyen/Citoyenne
  • Producteur/Productrice
  • Actualités

En plus des enjeux nationaux identifiés par l’UPA Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre, la Fédération de l’UPA-Estrie aimerait porter certains enjeux ayant des impacts directs sur l’agriculture et la foresterie privée estrienne à l’attention des personnes candidates à l’élection québécoise du 3 octobre 2022.

Reconnaissance de la mise en marché collective dans le secteur forestier

 

La Loi sur la mise en marché des produits agricoles, alimentaires et de la pêche (chapitre M-35.1) accorde aux producteurs agricoles, forestiers et aux pêcheurs la possibilité de créer un plan conjoint. Ce dernier, par ses mécanismes d’action collective, permet d’équilibrer les rapports de force entre les producteurs et les transformateurs d’une filière, notamment par la négociation des conditions de mise en marché des produits agricoles et forestiers. Il en résulte un meilleur partage des revenus du marché entre les acteurs d’une filière.

La RMAAQ a la responsabilité de déterminer si un plan conjoint peut faire évoluer ses mécanismes de mise en marché collective. Celle-ci base notamment sa réflexion sur l’opinion de l’ensemble des parties impliquées. Au cours des 4 dernières années, plusieurs syndicats de producteurs forestiers, dont celui du Sud du Québec (SPFSQ), ont proposé de modifier la réglementation de leur plan conjoint pour négocier collectivement le prix du bois de sciage afin de répondre aux résolutions de leurs assemblées délibérantes. D’autres acteurs de la filière, notamment les acheteurs, s’opposent systématiquement à la négociation collective des prix du bois de sciage, entraînant le blocage de l’évolution des mécanismes.

Nous demandons au futur gouvernement du Québec de réitérer sa confiance dans la mise en marché collective pour assurer un avenir structuré et ordonné du secteur forestier. De plus, nous souhaitons que la RMAAQ reconnaisse les efforts consentis par les administrateurs des syndicats de producteurs forestiers pour développer des projets visant à défendre l’intérêt de l’ensemble des producteurs.

La RMAAQ doit respecter la volonté exprimée par les producteurs dans leurs instances démocratiques lorsqu’ils prennent des résolutions conformément à la Loi et mieux pondérer les oppositions manifestées par les parties bénéficiant du statu quo. Enfin, la RMAAQ doit poursuivre ses efforts pour traiter les dossiers de modifications réglementaires dans des délais rapides.

 

Accès à des services d’abattage permettant la commercialisation à proximité des lieux d’élevage

 

Depuis plusieurs années, la Fédération de l’UPA-Estrie se penche sur l’enjeu de l’accès aux abattoirs afin de permettre aux producteurs, notamment ceux ayant des productions de niche ou de plus petits volumes, la commercialisation de leurs produits directement aux consommateurs.

En 2022, l’Estrie a, sur l’ensemble de son territoire, un total de neuf abattoirs en activité (il y en avait 12 en 2013). Cela peut sembler suffisant, surtout si l’on compare à des régions comme l’Abitibi-Témiscamingue ou le Bas-Saint-Laurent. Toutefois, ce nombre ne semble pas répondre aux besoins des fermes de plus petite taille et qui souhaitent commercialiser leur viande directement aux consommateurs.

Tout d’abord, afin de pouvoir commercialiser la viande, les animaux doivent être abattus dans une installation sous inspection fédérale ou provinciale. L’Estrie dispose de quatre de ces installations (deux fédérales et deux provinciales). Mais ces abattoirs concentrent principalement leurs activités d’abattage autour du bovin, du porc et, dans une moindre mesure, de l’agneau. De plus, l’une d’elles appartient à l’entreprise Canards du Lac-Brome, qui y abat exclusivement ses canards d’élevage. Pour les autres espèces, les producteurs doivent transporter leurs animaux hors de la région parfois sur de longues distances, ce qui a des répercussions sur leurs coûts de production, le bien-être des animaux et la qualité de la viande.

D’autre part, en raison de l’organisation du travail, du manque de main-d’œuvre, des aléas inhérents à l’inspection, les abattoirs ont de plus en plus de difficultés à accepter comme clients des producteurs avec de plus petits volumes d’animaux. Ces derniers ont donc de plus en plus de difficultés à trouver, à coût raisonnable, des services d’abattage leur permettant de mettre en marché leurs produits.

Les autres abattoirs situés en Estrie sont ce que l’on appelle des abattoirs de proximité, qui ne sont pas sous inspection permanente. La viande issue de ces installations ne peut donc pas être commercialisée, sauf si cela se fait dans un comptoir de vente situé à l’abattoir.

Le MAPAQ a entrepris un vaste chantier afin de moderniser sa réglementation et d'assouplir certaines mesures afin de rendre les chaînes d’abattage plus efficaces. Mais ces travaux prennent du temps et, entre-temps, les producteurs sont à court de solutions. Bien entendu, le ministre de l’Agriculture a lancé un projet pilote d’abattage à la ferme permettant de commercialiser un maximum de 300 volailles annuellement. Mais ce projet à lui seul ne peut régler la situation. Ce ne sont pas tous les producteurs qui souhaitent abattre leurs animaux à la ferme.

Il est donc nécessaire de trouver des solutions innovantes afin de faciliter l’accès à des services d’abattage de qualité, qui permettent à l’ensemble des producteurs d’avoir accès aux canaux de commercialisation de leur choix. Parmi quelques pistes de solutions avancées par les producteurs, il y a :

  • Recourir à la téléinspection.
  • Confier l’inspection ante et post mortem à des techniciens formés plutôt qu’aux médecins vétérinaires.
  • Avoir des journées sous inspection dans certains abattoirs de proximité pour permettre la commercialisation en circuit court.
  • Permettre, sous certaines conditions, la commercialisation de viandes issues des abattoirs de proximité.

 

Voie de contournement

 

Depuis les débuts du projet de voie de contournement ferroviaire de la ville de Lac-Mégantic, la Fédération de l’UPA-Estrie ainsi que le Syndicat des producteurs forestiers du Sud du Québec soutiennent les propriétaires concernés par l’acquisition de terrain pour la nouvelle voie.

Au début des discussions et lors de l’élaboration du tracé, nos deux organisations considéraient la demi-voie (voie de contournement entre Nantes et Lac-Mégantic puis récupération de l’ancien tracé après la zone industrielle de Lac-Mégantic) comme étant l’option de moindre impact pour les activités agricoles et forestières.

Durant les années qui ont vu le projet de voie de contournement se préciser, nos organisations ont continué de soutenir les propriétaires concernés et n’ont pas protesté contre le tracé proposé par le gouvernement, car il semblait y avoir une acceptabilité sociale dans la région.

Aujourd’hui, nous sommes en mesure de constater que l’acceptabilité sociale de la population des municipalités touchées s’effrite à mesure que le projet se précise et qu’elle prend conscience des impacts sur les propriétaires touchés, le milieu naturel et les activités agricoles et forestières.

Nous estimons qu’à la lumière de l’opposition que suscite le projet de voie de contournement dans la population locale, des impacts environnementaux, des impacts sur les nappes phréatiques en eau potable dans Frontenac et des impacts futurs sur les activités agricoles et forestières, il est temps de reconsidérer des alternatives qui n’ont pas été suffisamment analysées, comme la demi-voie. Le déplacement des activités de triage dans le parc industriel permettrait également d’augmenter grandement la sécurité de la voie en éliminant le danger à la source.

La voie de contournement est un projet de reconstruction sociale. Peut-on considérer qu’il l’est encore aujourd’hui alors que les inquiétudes concernant la sécurité, l’environnement, l’approvisionnement en eau et la pérennité des activités agricoles et forestières semblent être plus préoccupantes que jamais?

Québec doit débourser 40 % de la facture. Nous souhaitons la prise de position et la collaboration des futurs élus de la région.

 

SAAQ permis de conduire pour TET

 

Les travailleurs étrangers temporaires (TET) détenteurs d’un permis de conduire dans leur pays d’origine peuvent conduire au Québec pendant 6 mois. Or, les contrats des TET durent plus longtemps (de 8 mois à 2 ans, renouvelables). Du jour au lendemain, les TET auparavant autonomes avec les véhicules de la ferme doivent compter sur les autres ou sur leur employeur pour leurs transports quotidiens.

Nous demandons que la SAAQ arrime la durée de validité des permis de conduire nationaux aux contrats d’embauche des TET. Ou bien, que les renouvellements de permis internationaux puissent se faire d’ici, sans devoir retourner dans leur pays d’origine.